Des manifestants veulent élargir la portée du convoi des camionneurs

Des manifestants veulent élargir la portée du convoi des camionneurs Des manifestants s’invitent au rassemblement final du convoi de camionneurs «pour la liberté» avec l’intention de rester plusieurs jours, voire plusieurs semaines à Ottawa. Ils espèrent que leur perturbation de la capitale fasse capituler le gouvernement Trudeau sur l’ensemble des mesures sanitaires liées à la COVID-19. Des experts en sécurité s’inquiètent des risques de dérapage. Des organisateurs et des participants de petits convois québécois qui doivent rejoindre samedi celui de camionneurs de l’Ouest en route vers Ottawa qualifient l’événement de «mouvement historique» et même de «révolution». Son objectif, plus large que la question de la vaccination des camionneurs, serait l’abandon définitif de toutes les mesures de lutte contre la pandémie. De nombreux groupes opposés aux mesures sanitaires ont tenté de récupérer à leur compte le mouvement des camionneurs qui cheminent depuis la Colombie-Britannique, a constaté Le Devoir. Au Québec, Steeve Charland, figure bien connue du mouvement antimasque et ex-dirigeant du groupe identitaire La Meute, a suggéré dès dimanche l’organisation de son propre convoi. Des organisateurs autoproclamés de convois ont publié jeudi leur propre liste de revendications. Celle-ci inclut la révocation du passeport vaccinal et de l’application ArriveCan, ainsi que la fin de «toutes les obligations de vaccination» contre la COVID-19. Le Service de police d’Ottawa a plutôt indiqué mercredi s’attendre à voir arriver entre 1000 et 2000 poids lourds. Le convoi s’étendrait sur environ 20 kilomètres, a estimé la GRC lors de son passage au Manitoba, mercredi. L’ancien agent du Service canadien du renseignement de sécurité Michel Juneau-Katsuya est catégorique: «faire le lien avec ce qui s’est passé au Capitole le 6 janvier n’est pas du tout tiré par les cheveux». La présence d’éléments perturbateurs attire l’attention des services de sécurité et de renseignement. Le service de sécurité du Parlement d’Ottawa a d’ailleurs mis en garde les élus que des manifestants pourraient se rendre à leur résidence ou à leur bureau. «Le gouvernement ne sera pas démis. [Donc] combien de temps est-ce que ça va durer, et est-ce que les gens deviendront désespérés? Ça pourrait devenir violent plus tard», note de son côté Stéphanie Carvin.